Bâti existant : corriger le confort d’été sans tout casser

Une grande partie du parc immobilier n’a pas été conçue pour les températures que l’on connaît aujourd’hui. Sur un bâtiment existant, les marges de manœuvre sont réduites : l’orientation est fixée, la taille des ouvertures aussi, et les contraintes urbanistiques limitent les interventions sur les façades. Pour Zakaria Sadik, cela n’empêche pas d’améliorer nettement le confort d’été par des solutions passives, avant d’envisager la climatisation.

La toiture, premier levier

Le premier élément à traiter est la toiture, que certains architectes appellent la cinquième façade. Les façades est, sud et ouest ne reçoivent le soleil qu’à certains moments de la journée, au fil de sa course. La toiture, elle, y est exposée du matin au soir. Elle a donc le temps d’accumuler beaucoup de chaleur, qu’elle rayonne ensuite vers l’intérieur.

La solution la plus simple consiste à la peindre en blanc. C’est le principe du cool roof, ou toiture rafraîchissante : une surface claire renvoie une partie du rayonnement au lieu de l’emmagasiner. Elle protège aussi l’étanchéité, moins soumise aux dilatations et au vieillissement. Et le bénéfice dépasse le bâtiment lui-même, puisque des toitures moins chaudes contribuent à rafraîchir l’environnement urbain.

D’autres options jouent le même rôle protecteur, avec un avantage supplémentaire selon le cas : une pergola, une toiture végétalisée, des panneaux photovoltaïques qui produisent de l’énergie tout en faisant écran au soleil, ou un rooftop qui crée un nouvel espace à vivre.

On peut faire appel à l'innovation esthétique, architecturale, urbanistique pour créer des espaces plus confortables, notamment en toiture.

Protéger les façades

Toutes les façades ne se valent pas. La façade ouest mérite une attention particulière : elle reçoit le soleil en fin de journée, quand l’air et les parois sont déjà chauds, et accumule donc davantage de chaleur que la façade est, exposée le matin à un air encore frais.

Plusieurs interventions sont possibles sans toucher au gros œuvre : privilégier des teintes claires, poser des protections solaires ou des casquettes sur les fenêtres les plus exposées, appliquer des films solaires sur les vitrages pour limiter les apports de chaleur.

Sur un bâtiment patrimonial, où les façades en pierre ou en terre ne peuvent pas être modifiées, on peut agir depuis l’intérieur : installer une double fenêtre côté intérieur, ou isoler les murs par l’intérieur.

Ventiler et stocker la chaleur

La ventilation naturelle reste accessible sur l’existant. Quand le logement est traversant, il suffit de créer des courants d’air. Sur un logement mono-orienté, l’exercice est plus difficile, mais une solution existe : utiliser la cage d’escalier comme une cheminée thermique. L’air chaud y monte et s’évacue, ce qui aspire de l’air plus frais depuis des entrées d’air en façade. Cela suppose de laisser la porte palière ouverte, ou de créer entre le logement et le palier des ouvertures qu’on peut ouvrir et fermer.

À l’intérieur, enfin, des cloisons à forte inertie peuvent absorber une partie de la chaleur produite par les occupants et les équipements, et atténuer la montée en température.