Confort d’été : deux exemples où le passif fait l’essentiel

Un siège social en plein centre de Casablanca, une maison individuelle à Marrakech : deux programmes que presque tout oppose. Ils partagent pourtant la même logique. Les deux sont construits en terre, et dans les deux cas, les solutions passives assurent l’essentiel du confort d’été.

Le siège de Bosch à Casablanca

Le siège de Bosch, conçu par les architectes Jaafar Sijelmassi et Omar Mawlawi, est construit en brique de terre comprimée et en pisé, sur 13 mètres de haut. Une prouesse architecturale et technique au centre de Casablanca, réalisée avec de la terre locale, dans une logique d’économie circulaire. Alto Eko y a assuré la mission d’AMO environnement.

Le bâtiment s’organise comme un riad, autour d’un patio planté avec une fontaine. Ce cœur végétal apporte un confort thermique autant que visuel : la terre et la nature sont présentes partout, visibles, presque à portée de main.

Le passif porte l’essentiel du confort. Il passe par l’orientation du bâtiment, le dimensionnement des fenêtres et des vitrages bien isolés, un mur de lierre qui protège l’entrée, et une forte inertie grâce à des doubles cloisons intérieures. Ces cloisons absorbent la chaleur dégagée à l’intérieur par les ordinateurs et l’éclairage. L’éclairage artificiel est lui-même réduit : des capteurs de lumière naturelle évitent de l’allumer inutilement.

L’actif n’intervient qu’en complément. Des panneaux rayonnants en faux plafond assurent à la fois la correction acoustique et un rafraîchissement à faible température. Le rayonnement supprime aussi la sensation de courant d’air, souvent gênante. Enfin, une gestion technique centralisée (GTC) et des capteurs répartis dans le bâtiment permettent de suivre en continu la qualité de l’air.

Une maison en terre sans climatisation à Marrakech

Le second exemple est une maison individuelle en terre à Marrakech, autonome en eau et en énergie, et sans climatisation.

Aucune solution passive ne suffit seule à garantir le confort d’été : c’est leur combinaison qui fait la différence. La maison est décaissée de 80 cm dans le sol, pour profiter de sa fraîcheur. Un puits climatique rafraîchit l’air entrant. L’orientation a été travaillée, les façades ont des couleurs qui renvoient le rayonnement, et des panneaux photovoltaïques en toiture protègent celle-ci du soleil tout en produisant de l’énergie. L’eau circule de manière gravitaire, grâce à un château d’eau, pour éviter un pompage permanent.

Résultat : la maison reste habitable sans climatisation, alors que les températures extérieures ont atteint 47°C à plusieurs reprises. Selon Zakaria, ce type de construction reste possible à un coût raisonnable, souvent inférieur à celui d’une maison plus sophistiquée et chargée en technologie, d’autant que la terre peut être prélevée sur le site même.